Bonjour à tous,
L’odorat, ce sens universel et personnel si précieux pour notre association fait l’objet depuis quelques mois d’une attention toute particulière et nous ne pouvons que nous en satisfaire. La pandémie de coronavirus a provoqué la création d’un groupement mondial de recherche pour étudier la perte de l’odorat et du goût liée à la pandémie de Covid-19 ainsi que ses conséquences.
La perte de l’odorat est un bouleversement dans une vie….le Covid-19 l’a mis en lumière.
Au mois de juin 2020, en raison de nos actions et de notre soutien aux personnes touchées par le Covid-19, notre association a été sollicitée pour représenter les patients Français au GCCR . Notre organisation nous a permis de répondre favorablement et avec responsabilité à cette proposition.
L’association ‘anosmie.org‘ représentera la France au Consortium mondial de recherche (Accéder à la liste des associations de patients du GCCR)
Cette responsabilité importante pour notre association vis-à-vis des personnes touchées par les troubles de l’odorat en France représente un travail régulier pour communiquer et suivre les projets avec les autres associations à travers le monde, Royaume-Uni, Etats-Unis, Pays-Bas, etc.. Des réunions sont maintenant organisées à intervalles réguliers depuis le mois de juillet 2020, réunions auxquelles nous participons.
C’est Julien Greenwold, anosmique congénital, anglophone et ambassadeur de l’association qui portera notre voix pour cette mission importante.
“Notre vie vaut ce qu’elle nous a coûté d’efforts”. Mauriac
Jean-Michel Maillard
Président de l’association
Bonjour à tous,
Je me présente, Timothé, j’ai bientôt 16 ans et je suis atteint du syndrome de Kallmann. Le diagnostic vient d’être posé cette année par une IRM qui a confirmé l’absence de bulbe olfactif. Ce sont des problèmes hormonaux (hypogonadisme hypogonadotrophique) associés à une agénésie dentaire qui ont dirigé le pédo-endocrinologue à demander cet examen. En fait, nourrisson ce docteur m’avait déjà traité par Androtargyl puis il avait dit à ma mère qu’on se reverrai probablement à l’adolescence.
Effectivement, vers 14 ans, j’ai commencé à me poser vraiment des questions, j’avais souvenir qu’à la maternelle on se comparait tous et moi, j’étais celui qui avais la plus petite ! Bref, des souvenirs et des questionnements qui m’ont amené à en parler à ma mère et elle m’a emmené revoir ce spécialiste. Parallèlement, je suis en contact avec une orthodontiste, un professeur chirurgien-dentiste spécialiste en agénésie dentaire et un professeur spécialiste en maladie rare. Pour ce qui est de l’anosmie, c’est une surprise pour moi et mes parents !
Mon ressenti ?
Je vous ai dit que je l’ai appris récemment, donc j’ai toujours été habitué à vivre sans odorat. En fait, je ne sais pas ce que c’est, donc je ne sais pas ce qu’il me manque. Si je devais définir l’odorat, je dirais que c’est une atmosphère chaude ou froide, c’est une ambiance. Je vous explique, quand je rentrais déjeuner chez moi, en entrant dans la maison, avec les sensations perçues, le bruit ambiant, et probablement les ustensiles de cuisine utilisés, j’arrivais à définir le repas. Par ailleurs, de nature plutôt discrète pour ne pas me faire remarquer à l’école, lorsque ça sentait les frites dans la cour, je me fondais dans la masse en disant pareil. Pour moi, je n’ai jamais réfléchi et pensé qu’il y avait quelque chose d’anormal…
Tout ceci explique pourquoi lorsque le pédo-endocrinologue m’a demandé (avant de faire l’IRM) si je sentais les choses, moi je suis resté muet, à réfléchir ne sachant pas quoi répondre. Sachez quand même que ma mère a de suite répondu sans hésitation « bien sûr que oui, tu sais toujours deviner le repas quand je cuisine !!»
Maintenant je comprends mieux pourquoi moi, contrairement à mon frère, je n’ai jamais été incommodé par les couches sales de mes sœurs, ou les pets bien foireux des uns et des autres !!! Je témoigne, car de découvrir très tôt une anosmie peut permettre de diagnostiquer plus vite un Kallmann et donc débuter plus vite les traitements.
Merci d’avoir pris le temps de lire ce message et j’espère qu’il pourra vous être utile ! N’hésiter pas à me contacter, il faut en parler. De mon côté, les recherches se poursuivent pour déterminer si c’est génétique ou pas.
Timothé
Bonjour,
Aussi loin que je me rappelle, je n’ai jamais rien senti. On a fini par réaliser ça quand j’étais ado je crois, on a fait quelques radios de l’hypophise, visite chez l’orl, verdict, anosmie due probablement à une grippe ou autre maladie dans mon enfance… Je me retrouve beaucoup dans ces autres témoignages : je n’ai pas de « manque », n’ayant jamais expérimenté ce qu’est une odeur. Mais l’impression de passer à côté de beaucoup de choses, même si j’ai développé quelques mecanismes de compensation (se creer des souvenirs auditifs plutot qu’olfactifs par exemple !), enfin je crois.
Fatiguée aussi de devoir donner des explications à des personnes qui n’imaginent même pas que l’anosmie existe. Et effectivement des situations à risque ; et toujours ce doute sur son odeur corporelle ! L’impression aussi parfois de vivre dans un monde parallèle à l’écart, et ne pas pouvoir partager certaines situations avec ses proches. Mais je m’interroge sur mon « degré » d’anosmie, car en fait j’ai des sensations, par exemple au niveau des sinus, des picotements en respirant de l’ammoniac (la litière du chat !) Ou de la menthe, sensation de fraicheur.
Pour les repas, je ne ressens pas les saveurs subtiles des épices ou des herbes aromatiques, mais j’ai l’impression d’avoir une palette assez développée quand même, et je prends plaisir à cuisiner et à déguster. Des fois je me dis que je sens mais que mon cerveau ne sait pas qu’il sent….c’est possible ? Heureuse d’avoir trouvé un espace sur lequel partager ces quelques observations, et peut-être trouver des explications à ce que je vis depuis toujours.
Merci
Flo
¡Buenos días a todos! ¡Espero que estén bien!
Les comunico con gran satisfacción que nuestra asociación pone a su disposición el protocolo de reeducación olfativa publicado en 2019 con la colaboración de Hirac Gurden / Neurobiólogo y Neurocientífico investigador, Director del CNRS (National Centre for Scientific Research). Esta traducción en español permitirá que un mayor número de personas pueda beneficiarse de él gratuitamente.
El presente protocolo se fundamenta en numerosas publicaciones y trabajos internacionales realizados por el equipo de investigación de Thomas Hummel, en Dresde (Alemania). Estas publicaciones se pueden encontrar en la siguiente dirección: https://www.researchgate.net/profile/Thomas_Hummel. El entrenamiento olfativo consiste en dos sesiones de estimulación olfativa diarias de corta duración, utilizando de 4 a 6 olores. Los resultados obtenidos indican que alrededor de una tercera parte de los hipósmicos mejoran, desde el punto de vista de la sensibilidad olfativa, después de este entrenamiento. Por otra parte, éstos afirman haber experimentado un bienestar y una mejora en la calidad de vida.
Como base para su trabajo, Hirac Gurden ha tomado el protocolo del Profesor Hummel. Con la aprobación del mismo, Hirac Gurden y Jean-Michel Maillard lo han modificado para adaptarlo a la población general.
OBJETIVO DE ESTE PROTOCOLO
Proporcionar a todos aquellos que tengan la voluntad de comenzar un verdadero proceso de mejora sensorial que lleva implícitos órgano nasal, cuerpo y mente. Es necesario precisar claramente que esta reeducación no garantiza la obtención de resultados en el plano olfativo. Sin embargo, el comienzo de este proceso conducirá consecuentemente a una reconciliación de los hipósmicos y anósmicos con su sentido olfativo resentido o perdido e, incluso, en algunos casos, a ser capaces de encontrar algunas sensaciones olfativas. Este proceso de carácter optimista y voluntario podrá tener igualmente un impacto positivo en nuestras sensaciones durante las comidas y en la remodelación de nuestro gusto.
¿A QUIÉN SE DIRIGE ESTE PROTOCOLO?
El presente protocolo está destinado mayoritariamente a los hipósmicos y a los anósmicos, independientemente del origen del trastorno disósmico. Es evidente que la situación de los anósmicos congénitos es diferente, ya que en ese caso se trata de la ausencia de los receptores olfativos y de la disminución del volumen de bulbos olfativos. De igual forma, este protocolo posibilitaría estimular el nervio trigémino, lo cual nos permitirá publicar en un futuro un segundo protocolo específico dedicado a este fin.
Este protocolo se dirige igualmente a las personas normósmicas (las cuales poseen sentido del olfato), ya que tener una buena sensibilidad olfativa no es innato: aunque el sentido del olfato es útil a cualquier edad, debería desarrollarse y estimularse tempranamente. Por este motivo, colocamos a los niños en primera línea de este aprendizaje. Los padres normósmicos también pueden beneficiarse de esta estimulación olfativa con sus hijos. El olfato es un sentido social que demanda ser compartido.
Se recomienda a los pacientes que vayan a seguir este protocolo la realización de un test de sensibilidad olfativa con un especialista ORL antes y después del entrenamiento, con el fin de verificar si ha habido algún cambio en su sensibilidad. Si esto no fuera posible, la persona podría notar los primeros cambios por sí misma. La autoevaluación, al ser tan subjetiva, no sería la mejor manera de confirmar una mejora real… De igual forma, lo verdaderamente importante es que la persona «se sienta» mejor. ¡Es lo esencial!
La asociación ha decidido proporcionar este protocolo de forma gratuita a TODAS las personas, sin necesidad de que sean donantes o miembros de la misma, ya que se trata de un interés público. Sin embargo, cada persona es libre de apoyar a la asociación, si así lo desea, para que ésta pueda continuar sus trabajos, sus iniciativas, así como sus progresos en esta nuestra discapacidad.
⇒ Haga clic aquí para descargarlo gratis el protocolo de reeducación olfativa V1.1S
Sincero agradecimiento a…
Linda, mi esposa
Hirac GURDEN, director de investigación en neurociencias del CNRS – París
Sabine QUINTANA, aromaterapeuta de la asociación – Perpiñán
Robert CHHUOR, cirujano ORL perteneciente al equipo ORL Atlántico – Nantes
Traducido al español por Jone M. LUNA (Profesora de Antropología Social, UNED-Bergara)
Mireia MONTANER MASSANA (doctoranda en Biología, Université de Paris)
y por Víctor ROMAN RODRIGUEZ (doctorando en Física, Sorbonne Université)
“Nuestra vida vale aquello que nos costó en esfuerzos”. Mauriac
PS : Pour les Français qui liront cet article, il s’agit de notre protocole de rééducation V1.1 traduit en Espagnol, les demandes sont très nombreuses.
Presidente fundador de la asociación
#day 1823
Hello, I hope you are fine !
Our association is very pleased to provide you with the English translation of the olfactory training published in 2019 in collaboration with Hirac Gurden Neurobiologist and Neuroscience research Director at the CNRS (National Centre for Scientific Research). This translation in English will allow an even larger audience to benefit from the training freely.
This protocol is based on the numerous publications and international work of Professor Thomas Hummel’s research team in Dresden (Germany). You can find these publications at the following address: https://www.researchgate.net/profile/Thomas_Hummel.
Hirac Gurden and Jean-Michel Maillard have modified Professor Hummel’s protocol, with his approval, to adapt it to a general population.
THE OBJECTIVE OF THIS PROTOCOL
The protocol aims at providing sensory progress mainly to those who have lost their olfactory capacity or have had a decrease in their ability to smell.
It also intends to reconcile hyposmics (partial loss of olfaction) and ansomics (total loss of olfaction) with their decreased or lost sense of smell.
It must be specified that the protocol does not guarantee olfactory gain. However, published results in international scientific journals showed that about one third (12 weeks of training) or half (24 weeks of training) of hyposmics presented improved olfactory sensitivity after this training.
Many noted an impact on their feelings during mealtimes and the redevelopment of their sense of taste. They also say that they feel much better and that there is an improvement in their quality of life.
WHO IS THIS PROTOCOL FOR?
This protocol is mainly for hyposmics and for anosmics, whatever the origin of their dysosmic disorder. The case of congenital anosmia must be set aside, due to the lack of olfactory receptors expression and to the reduction of the volume of the olfactory bulbs. (For those people, there is however the possibility of stimulating the trigeminal nerve terminals in the nose. This subject will appear in a second specific protocol that will be published later on.)
This protocol is also for normosmics (people who have a “normal” sense of smell) to improve their olfactory sensitivity. Good olfactory sensitivity is not inborn and must be developed at an early age. Therefore, we place children in the front line of this apprenticeship, for their smell is a precious sense that must be stimulated. Normosmic parents could equally benefit from this olfactory stimulation with their children.
Early changes can be detected by the person him/herself. Nevertheless, patients who wish to follow this protocol are advised to take an olfactory sensitivity test at an E.N.T. (Ear, Nose & Throat) hospital service, before and after the training in order to verify any change in their sensitivity.
The association decided to give this training to EVERYBODY for free, no need to be a donator or to join, we are a nonprofit organization. Yet, you are free to support the association so that it can go on with its work, actions and breakthroughs for our handicap.
⇒ Download this olfactory training protocol V1.1E
Many thanks to…
Linda, my wife
Hirac GURDEN, Director of research in neuroscience at CNRS – Paris
Robert CHHUOR, E.N.T. Surgeon. Atlantic group – Nantes
Translated from French by Julian GREENWOLD, congenital anosmic – Paris
Claire FANCHINI, traumatic anosmic – Angers
and Linda MAILLARD, normosmic – Durcet
“Our life is worth what it has cost us”. Mauriac
PS : Pour les Français qui liront cet article, il s’agit de notre protocole de rééducation traduit en anglais, les demandes sont très nombreuses.
Presidant of the association
#day 1822
Bonjour à tous,
- L’accès à ces réunions sera anonyme et totalement gratuit, une adresse mail suffira pour y participer, pas de création de compte, etc..
- Ces réunions seront animées par 2 membres ‘correspondants‘ de l’association, différents à chaque fois, en fonction du thème choisi
- Pour garantir une bonne qualité d’échanges, le nombre de participants à chaque réunion sera limité
- L’inscription se fera par mail via un formulaire
- Vous aurez la possibilité de poser vos questions pendant la réunion ou bien avant par le biais du formulaire d’inscription
- Un lien de connexion vous sera envoyé après votre inscription, rien à installer, juste à cliquer 😉
Il n’est pas nécessaire d’être un génie en informatique pour y participer
un document d’aide vous sera envoyé 😉
Fiche de la réunion
- Date : jeudi 29 octobre 2020
- Heure de début : 20h00
- Durée : ~01h30
- Thème : Comment vivre avec son anosmie
Vous souhaitez participer ? inscrivez-vous en CLIQUANT ICI
Jean-Michel Maillard

Santé – à la recherche des odeurs perdues. Jean-Michel Maillard recevait une équipe de France 3 pour expliquer l’anosmie et la rééducation olfactive.
Bonjour à tous,
Un témoignage poignant et bouleversant lors d’une de nos réunions en visio m’a poussé à demander à Wendie de participer à cette rubrique de ’10 questions A…’.
Vous trouverez dans les quelques lignes ci-dessous l’histoire de Wendie, sa vision des choses, ses doutes, ses questions et cette envie, nécessaire, de partager son anosmie.
Jean-Michel : Bonjour Wendie, ce qui t’as bouleversé c’est bien de rencontrer pour la première fois des personnes qui pouvaient comprendre ce que tu vivais au quotidien et c’est bien là le rôle de notre association. Après cette réunion tu nous écrivais ton envie de sortir du silence et l’importance de le faire, pour toi, pour ta vie de femme. Tu as souhaité que cette interview soit anonyme.
Wendie : Je me suis rendue compte que je ne sentais plus aucune odeur vers l’âge de 18 ans. Cela fait maintenant 6 ans et pourtant je commence tout juste à assumer cette particularité comme étant un réel handicap. Pendant mes années d’études j’ai vécu sans odorat comme si de rien n’était, comme si c’était normal car d’un côté je ne savais pas comment expliquer ce phénomène aux autres et d’un autre côté les ORL que je consultais, minimisaient mon problème et ils ne savaient pas comment m’aider en dehors des traitements de cortisone. Mon anosmie serait dûe à une prise de pilule contraceptive, générique de diane 35, qui aujourd’hui est connue pour avoir provoqué certaines maladies chroniques.
Jean-Michel : Prête pour cette interview ? Peux-tu nous dire quand et comment tu es devenue anosmique, à quel âge ?
Wendie : J’ai commencé à me rendre compte que je ne sentais plus aucune odeur environ vers l’âge de 18 ans. C’était durant la première année de mes études supérieures.
Jean-Michel : Avant de devenir anosmique, savais-tu qu’il était possible de perdre l’odorat ? Et pourquoi ?
Wendie : Non je ne savais pas que perdre l’odorat puisse être possible. Peu informée sur ce sujet ni à l’école ni dans ma famille, je n’avais aussi jamais rencontré quelqu’un qui avait ce handicap. Je pensais naïvement que l’odorat était un sens qui était inné et inaltérable.
Jean-Michel : Comment t’es-tu organisée pour vivre au quotidien avec ce handicap ?
Wendie : Dans les débuts, toute seule en appartement, j’ai fait un peu comme j’ai pu mais j’avais conscience que la situation présentait certains risques comme ne pas pouvoir sentir une fuite de gaz, de la fumée ou ne pas pouvoir sentir les produits périmés par exemple. Je me suis vite arrêtée de manger de la viande et des produits laitiers, dans le doute qu’ils soient mauvais. L’année suivante j’ai opté pour une colocation. Plus sécurisant pour moi et je savais que je pouvais compter sur le soutien de mes colocs.
Jean-Michel : Qu’est-ce qui te manque le plus aujourd’hui ?
Wendie : C’est difficile de répondre à cette question. Chaque détail me manque, de la tartine grillée du matin, à l’odeur de ma mère, jusqu’à ma propre odeur à moi. L’odeur des lieux que j’ai pu fréquenter, des apparts dans lesquels j’ai vécu. Les odeurs passées, les odeurs actuelles. J’ai aussi constamment peur de perdre la mémoire à force que mes souvenirs ne soient plus sollicités par les odeurs du quotidien ou les odeurs passagères.
Jean-Michel : Comment se passent tes repas aujourd’hui ?
Wendie : La cuisine est une activité qui nous fait du bien, nous rassure, nous donne du plaisir. Quand on perd l’odorat on peut très vite perdre l’envie de cuisiner. Certaines périodes ont été plus dures que d’autres. J’essaie tous les jours de ne pas céder à la tentation de bâcler mes repas et manger juste pour me nourrir. Mes astuces : miser sur les couleurs et les textures ! Curcuma, paprika, graines de sésame, pignons de pin, fleurs comestibles… il faut en permanence innover, s’intéresser à d’autres manières de cuisiner. Le fait d’avoir toujours autour de moi des amis, de la famille me donne toujours un peu d’énergie. Il me faut constamment chercher de la satisfaction ailleurs. Parfois peut être s’acheter de belles assiettes, beaux couverts, ça peut aider à donner plus envie de manger.
Jean-Michel : En parles-tu autour de toi ? A tes proches ?
Wendie : Mes proches sont au courant. Quand je rencontre de nouvelles personnes je le place assez vite dans la conversation pour ma sécurité et celle des autres. Il ne faut pas compter sur moi pour sentir le gâteau qui brûle dans le four. Sur le point de vue du handicap et des troubles psychologiques que cela engendre chez moi, je n’en parle que depuis 1 an.
Avant je pensais que ça n’intéressait personne et puis souvent quand on aborde le sujet on obtient en retour des remarques comme « pratique quand ça pue ! » et ça donne pas envie d’aller plus loin. Je me suis donc beaucoup isolée dans ce problème, à cause de l’incompréhension des autres et la lassitude quotidienne. Petit à petit cette situation a provoqué une perte d’identité, j’avais perdu ma propre odeur, l’odeur de ma chambre, de mon parfum, de mon savon, tout était en train de se déliter sous mes yeux et j’ai commencé à prendre cette situation comme acquise, je ne demandais plus le soutien de mes proches, je me disais que c’était comme ça et puis c’est tout. L’invisibilité de ce handicap le rendit quasi absent.
A la suite j’ai rencontré un vrai manque de soutien de la part des ORL que j’ai consultés, comme si pour eux le handicap de l’anosmie n’existait pas, ils refusaient d’en parler. Ils ne savaient visiblement pas quoi faire pour m’aider, m’envoyaient voir d’autres spécialistes pour clore mon dossier et j’ai subi des interventions chirurgicales qui se sont révélées bidons. J’ai arrêté de consulter suite à une chute d’escarre (ouverture des plaies et saignement abondant) après une ablation des amygdales. A ce moment-là j’ai vraiment cru que j’allais y passer. 3 ans plus tard j’ai recommencé à avoir confiance en les spécialistes ORL grâce à la bienveillance du Dr Chhuor que j’ai trouvé dans la rubrique réseau anosmie sur votre blog.
Jean-Michel : L’anosmie t’a-t-elle apporté quelque chose de positif ?
Wendie : L’anosmie m’a apporté une ouverture d’esprit. Cela m’a permis de prendre vraiment conscience de l’importance des odeurs dans la vie quotidienne, et du bonheur que peut procurer une odeur que l’on aime. Malheureusement on se rend souvent compte de ce que l’on a quand on le perd.
Aujourd’hui ce handicap me rend vulnérable certes mais je cherche toujours à ce que ça me rende plus forte aussi. Je me bats tous les jours pour ne pas céder à la tentation de m’isoler. Je fais donc le choix de m’en sortir et d’assumer ma ‘différence sournoise et invisible. Je la montre comme une particularité plus qu’un défaut.
Ça me fait penser. Dans la série Star Trek Next Génération de 1980, un des personnages de l’équipage, Geordi La Forge, aveugle de naissance porte une visière qui lui permet de capter les fréquences de chaleurs. Il ne voit pas comme un voyant normal mais peut percevoir l’espace et les individus grâce à d’autres paramètres. Son handicap n’est pas présenté comme une faiblesse mais au contraire comme une différence presque avantageuse sur les autres. Sa particularité a d’ailleurs permis de sauver l’équipage à de nombreuses reprises.

Jean-Michel : Est-ce que tu te parfumes toujours ?
Wendie : Oui de temps en temps pour sortir je me parfume. Ça parait curieux comme geste mais ça me permet de garder une part de mon identité, mon entourage me reconnait bien à ce parfum et comme il est assez fruité il est agréable pour les autres.
Jean-Michel : Que pourrais-tu conseiller aux anosmiques ?
Wendie : Je dirais de ne pas s’empêcher d’en parler, ne pas s’isoler est la première chose à faire même si cela n’est pas simple. Il faut essayer de garder le moral et quand on chute, ne pas hésiter à demander de l’aide à quelqu’un qui comprend. Je dirai également qu’il est important de bien se renseigner sur le fonctionnement des organes qui sont concernés, pour quelles raisons sommes-nous anosmique ou comment pouvons-nous nous soigner quand c’est possible. Avoir une bonne connaissance du système permet d’être mieux conscient de ce qui se joue en nous pour mieux combattre ou pour mieux relativiser nos angoisses. En dernier point je conseille aussi de prendre avec des pincettes les paroles et les diagnostiques de certains spécialistes ORL, je me suis trop souvent retrouvée anéantie par le manque de considération que j’ai pu subir…
Jean-Michel : Ton rêve dans 10 ans ?
Wendie : Dans 10 ans j’aurai 36 ans, je serai plus solide, j’aurai continué à me battre pour garder le moral et avec un peu de chance j’aurai trouvé tous les remèdes qui m’auront permis d’atténuer mes troubles ou de mieux vivre avec.
Merci du fond du cœur Wendie 😉
Je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour un nouvel article de ‘10 questions A…’
Vous pouvez bien évidemment laisser un commentaire, c’est anonyme, c’est gratuit, ça fera plaisir à Wendy et ça fera avancer l’anosmie 🙂
Et la vie continue,
Bonjour à tous,
- L’accès à ces réunions sera anonyme et totalement gratuit, une adresse mail suffira pour y participer, pas de création de compte, etc..
- Ces réunions seront animées par 2 membres ‘correspondants‘ de l’association, différents à chaque fois, en fonction du thème choisi
- Pour garantir une bonne qualité d’échanges, le nombre de participants à chaque réunion sera limité
- L’inscription se fera par mail via un formulaire
- Vous aurez la possibilité de poser vos questions pendant la réunion ou bien avant par le biais du formulaire d’inscription
- Un lien de connexion vous sera envoyé après votre inscription, rien à installer, juste à cliquer 😉
Il n’est pas nécessaire d’être un génie en informatique pour y participer
un document d’aide vous sera envoyé 😉
Fiche de la réunion
- Date : jeudi 24 septembre 2020
- Heure de début : 20h00
- Durée : ~01h30
- Thème : Les troubles de l’odorat
- Animateurs : Julian et Jean-Michel
Vous souhaitez participer ? inscrivez-vous en CLIQUANT ICI
Jean-Michel Maillard





