Bonjour à tous,
La perte de l’odorat persiste, tout de même, dans 10 % des cas. Certains restent très handicapés et récupèrent seulement la moitié de leur capacité. Est-ce dû à un manque d’anticorps, à une réaction immunitaire inadaptée ? C’est ce que notre étude menée par un collectif d’infectiologues « Covidorl » va nous permettre de déterminer. Elle est coordonnée par le centre hospitalier intercommunal André Grégoire, à Montreuil.

Bonjour à tous,
J’espère que vous allez pour le mieux !
Quelques enquêtes ont vu le jour depuis que ce Covid-19 a décidé de s’attaquer à notre odorat. Certaines de ces enquêtes concernent la qualité de vie des anosmiques, d’autres les personnes touchées par le Covid-19, d’autres des essais cliniques auxquels vous pouvez participer. Le temps est venu de vous proposer un récapitulatif des initiatives engagées.
Toutes ces enquêtes, ces questions, peuvent vous paraitre répétitives mais sachez qu’il est important d’y répondre. L’occasion qui nous est donné aujourd’hui d’aider nos chercheurs est unique.
Soyons acteurs de la recherche 😉
J’ai classé les enquêtes en 3 catégories
- Celles qui concernent l’anosmie, l’agueusie et la qualité de vie
- Celles qui sont spécifiques au Covid-19
- Les études cliniques auxquelles vous pouvez participer en fonction de votre lieu de résidence
A la fin de cet article vous trouverez un test à faire en ligne destiné à tous. ‘SmellTracker‘ est disponible en plusieurs langues dont le Français. Il permet d’évaluer au jour le jour son odorat avec des produits de la vie courante. (inscription gratuite et rapide)
A. Enquête anosmie, agueusie et qualité de vie
1/ Cette enquête porte sur la qualité de vie des personnes anosmiques
– Coordonnée par le docteur Duc Trung Ngyuen, CHU de Nancy
– E-mail de contact en cas de besoin : dt.nguyen@chru-nancy.fr
2/ Cette enquête porte sur la qualité de vie, les pertes olfactives et gustatives durant la crise sanitaire du COVID-19
– Coordonnée par l’équipe Neuropop du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon
– E-mail de contact en cas de besoin : odorat.info.lyon@gmail.com
B. Enquête spécifique Covid-19
5/ Cette enquête est exclusivement destinée aux personnes ayant eu des troubles de l’odorat ou du goût suite au Covid-19.
– Coordonnées pour le YO-IFOS (Fédération Mondiale des ORL de moins de 45 ans) par les professeurs Sven Saussez, ORL, UMONS (Belgique) et Jérôme Lechien, ORL, Hôpital Foch – Paris.
– E-mail de contact en cas de besoin : covid19.rechercheclinique@umons.ac.be
2/ Cette enquête porte sur les changements de perception des odeurs, des saveurs et du goût associés au Covid-19
– Coordonnées par le GCCR (Global Consortium for Chemosensory Research), Groupement mondial pour la recherche des sens chimiques.
– E-mail de contact en cas de besoin : gccr.covid19fr@gmail.com
C. Étude clinique
1/ Étude clinique pour les personnes touchées par le Covid-19 et habitant en région Parisienne
– Coordonnée par le Professeur Stéphane HANS – Chef de service ORL de l’hôpital Foch à Paris
Si vous ou votre entourage venez de perdre l’odorat (moins de 3 jours), et que vous résidez dans le bassin parisien (et uniquement dans ce cas), nous serions intéressés de vous faire participer à une étude clinique non-thérapeutique. Pour être recontactés dans ce sens, nous vous prions de bien vouloir envoyer un mail avec vos coordonnées à cette adresse : rdv.chir.orl@hopital-foch.com avec comme objet : « Etude COVID IDF« . Cette enquête n’est pas encore autorisée mais l’hôpital souhaite s’organiser et ainsi être prête dès la validation par les autorisations compétentes.
2/ étude clinique lancée en France et en Belgique
– Coordonnée pour le YO-IFOS (Fédération Mondiale des ORL de moins de 45 ans) par les professeurs Sven Saussez, ORL, UMONS (Belgique) et Jérôme Lechien, ORL, Hôpital Foch – Paris.
Toutes les personnes souffrant encore d’anosmie au moment de remplir le questionnaire et désirant faire avancer la connaissance de la maladie peuvent intégrer de manière volontaire une étude clinique consacrée à l’anosmie et COVID-19.
Pour ce faire, elles peuvent envoyer un mail à l’adresse covid19.rechercheclinique@umons.ac.be en indiquant nom, prénom, numéro de tél, groupe sanguin et la localité. Nous serons alors à même de trouver un hôpital partenaire qui pourra tester votre odorat et vous donner les conseils et recommandations nécessaires.
Si toutefois vous aviez connaissance d’une enquête, d’une étude clinique ou autre initiative, n’hésitez pas à me la signaler, je l’ajouterai à cette liste.
Suivre son odorat en ligne
The Weizmann Olfaction Group a mis en ligne une page Internet permettant de réaliser un suivi au jour le jour de son odorat avec des produits de la vie courante. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien ci-dessous.
Amicalement,
Jean-Michel Maillard
Président de l’association ‘anosmie.org‘
Bonjour à tous,
Fin 2019, Gabrielle Maréchaux était venu m’interviewer pour en savoir davantage sur l’anosmie et ses conséquences. Gabrielle Maréchaux est journaliste pour RFI. Vous trouverez ci-dessous le lien vers l’interview dans laquelle il est évoqué l’anosmie traumatique à travers mon histoire, l’anosmie virale à travers la pandémie de Covid-19 et l’anosmie congénitale à travers l’histoire de Maxime (voir sur Youtube) mais aussi, plus bas, l’article complet et détaillé publié le 13 avril 2020 sur le site de RFI.
C’est une pathologie peu connue qui fait désormais les grands titres des journaux : l’anosmie décrit l’absence d’odorat et fait désormais partie des symptômes fréquents du coronavirus. 85% des malades européens perdent ainsi la faculté de sentir, et découvrent souvent du même coup que l’odorat est un sens qui peut se perdre, que sa disparition s’accompagne d’une quasi absence de goût déconcertante. Méconnu, cet handicap sensoriel est pourtant plus fréquent qu’on ne le croit, les scientifiques estiment ainsi qu’entre 5% et 10% de la population aurait un odorat défaillant, un chiffre en augmentation avec le vieillissement de la population.
Ne pas sentir l’odeur de son conjoint, ne pas savoir si un vêtement est propre ou pas, ignorer si l’on doit changer un bébé… Vivre sans odeur comporte bien plus d’entraves que l’on imagine à première vue et ces difficultés du quotidien peuvent devenir une véritable souffrance quand elles s’installent avec le temps et quand l’anosmie devient irrémédiable. Mal vécu, cet handicap l’est alors d’autant plus qu’il est méconnu et complexe.
Mais pour comprendre ses origines diverses, il faut d’abord rappeler le cheminement d’une odeur : lorsque vous rentrez chez vous et découvrez en un instant, la clef à peine mise dans la serrure, que quelqu’un s’affaire en cuisine, c’est le fruit d’un enchaînement de transmissions : vous inspirez et des molécules odoriférantes présentes dans l’air pénètrent dans le nez et remontent en haut des fosses nasales. Elles entrent alors dans la muqueuse olfactive qui transforme la molécule en influx nerveux transmis au bulbe olfactif, partie du cerveau qui envoie un signal électrique au cortex orbitofrontal chargé de faire correspondre le signal reçu à cette odeur bien connue de soupe, de plat en sauce ou de gâteau qui cuit. Un homme de 30 ans qui a perdu l’odorat quand il était encore jeune enfant se rappelle d’une odeur marquante qui est celle de l’essence, liée à des images de départ en vacances et des souvenirs entre frères.
Ce mécanisme instantané est à l’origine d’un des premiers sens développés chez le fœtus, avant même la vue et l’ouïe, et il permet, quand tout fonctionne bien de pouvoir sentir jusqu’à 10 000 odeurs. Mais sur cette route jusqu’au cerveau, une odeur peut connaître des mésaventures à plusieurs étapes.
Elle peut d’abord être bloquée au niveau des fentes nasales, par un rhume, une rhinite, la présence de polype (une tumeur bénigne des muqueuses), ou bien parce que le nez ne laisse pas passer les molécules (suite à un coup, une chirurgie de la cloison nasale, une morphologie du nez).
À l’étape suivante, quand l’odeur arrive au bout des fosses nasales, elle peut ne pas atteindre le cerveau, car les cellules de la muqueuse olfactive sont abîmées, par exemple à cause de solvants comme l’acétone, de produits chimiques volatils respirés trop fort, ou bien d’un virus. L’animal est capable de remplacer des cellules endommagées en en produisant des nouvelles, d’après le neurophysiologiste de l’odorat Didier Trotier, la recherche n’a pas encore déterminé si l’espèce humaine pouvait faire de même.
Si une odeur a pu se hisser en haut des fentes nasales, entrer en contact avec les cellules de la muqueuse olfactive, il arrive qu’elle ne puisse pas aller plus loin vers le cerveau, car le bulbe olfactif n’existe pas (1 homme sur 10 000 et 1 femme sur 50 000 naissent sans) ou bien parce qu’il a été endommagé par une chute. Lors de traumatismes crâniens, les filaments qui relient le bulbe et la muqueuse peuvent en effet être sectionnés.
L’anosmie arrive parfois seule, elle peut aussi être parfois le syndrome de maux plus graves comme une tumeur cérébrale, d’un traumatisme psychologique ou d’une démence, ou encore de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson. À ce propos, le professeur Tran Ba Huy, ORL responsable du service de l’Hôpital Lariboisière, dit se sentir pris par des dilemmes éthiques : « C’est toujours délicat d’expliquer à des patients qu’ils seront peut-être atteints d’Alzheimer dans environ six ans. »
Depuis l’arrivée du Covid-19, l’anosmie et l’absence de goût qui l’accompagne presque toujours est devenue un des symptômes les plus curieux de la pandémie mondiale. En effet, si l’anosmie peut souvent arriver dans les maladies provoquant une obstruction du nez, ce n’est pas le cas du nouveau coronavirus. Autre curiosité : l’anosmie est un symptôme principalement constaté en Europe, où, d’après la récente étude de l’ORL français Jérôme Lechien, elle est constatée chez 85% des malades interrogés. Enfin, les femmes demeurent plus touchées par ce symptôme que les hommes. Si, pour l’instant, la majorité des convalescents voient leur anosmie disparaître avec la maladie, comprendre d’où provient ce symptôme est encore un mystère. Pour certains chercheurs, ce serait après une affection de la muqueuse nasale par le virus, pour d’autres, le Covid-19 toucherait directement le bulbe olfactif.
Que peut-on faire pour soigner l’anosmie ?
Il existe à ce jour trois traitements principaux contre l’anosmie, mais aucun n’est effectif pour tout type d’anosmie et aucun non plus n’est efficace à 100%.
La chirurgie peut être envisagée pour enlever des polypes, si ces derniers sont la cause de l’anosmie. Un tiers des patients opérés retrouvent alors une partie de l’odorat.
En cas d’anosmie virale, des corticoïdes peuvent être pris, encore une fois sans aucune efficacité garantie, pour empêcher l’inflammation de la muqueuse.
Si l’anosmie est causée par une maladie virale ou un traumatisme, une rééducation peut être envisagée. L’odorat est un sens qui réagit en effet bien à ce que le professeur Tran Ban Huy surnomme une « gymnastique olfactive ». Plus on fait travailler son nez, mieux il sentira, c’est un phénomène qui s’observe de manière emblématique chez les professions où ce sens est clef comme sommelier ou nez, qui deviennent capables de reconnaître un millésime précis, la composition exacte d’un parfum à force d’exercice. Dans la même logique, une rééducation a été mise en place pour les anosmiques par le professeur allemand Hummel qui enjoint les anosmiques à respirer deux fois par jour pendant douze semaines des essences de rose, d’eucalyptus, de citron et de girofle en lisant bien le nom de l’odeur que l’on hume. Aucun chiffre n’existe pour quantifier la réussite de cette rééducation.
Pourquoi l’anosmie est-elle si peu connue ?
L’absence d’odorat semble paradoxalement pâtir des mêmes préjugés que le sens lui-même, négligé et souvent considéré comme inférieur aux autres.
D’après le professeur Tran Ban Huy, c’est une ignorance culturelle héritée des Lumières et de la psychanalyse ensuite, pour qui « sentir est assimilé au désir à l’instinct, bref à l’animalité ».
Dans un article scientifique qui dresse un panorama historique du mépris des odeurs, le professeur rappelle en effet que la hiérarchie des sens que proposent plusieurs philosophes piliers de la pensée occidentale n’est clairement pas en faveur de l’odorat : Kant oppose par exemple les sens objectifs (vue, toucher, ouïe) aux sens subjectifs (goût et odorat) et assurent du même coup, comme Descartes avant lui, que seuls les premiers peuvent amener à la connaissance. Invisible, éphémère, loin de l’abstraction des concepts, mais proche des instincts, l’odorat est également relégué à la dernière place de la hiérarchie de Buffon.
Les lumières n’ont pas d’odeur, et Freud semble sur ce point être leur digne héritier lorsqu’il débute ses travaux sur la psyché humaine en méprisant également ce sens . Pour lui, « le déclin du sens olfactif relève d’un processus civilisateur, d’un refoulement organique », « un développement civilisé normal suppose donc de renoncer aux plaisirs olfactifs de notre enfance », explique Patrice Tran Ba Huy.
Un cas en particulier explicite bien les préjugés des débuts de la psychanalyse envers le nez : celui d’Emma Eckstein, une jeune femme viennoise qui entre en contact avec Freud pour soigner des troubles dépressifs successifs à des abus sexuels. Ce dernier partage alors les idées de l’ORL Wilhelm Fliess avec qui il correspond beaucoup à la fin du XIXe siècle. Il en est alors convaincu : troubles sexuels et odorat sont liés, et confie la jeune femme à son confrère qui lui cautérisera le nez, et endommagea du même coup l’organe de la jeune femme.
Mais Sigmund Freud n’est pas le seul à considérer le nez comme la cause de tous les maux. Les hygiénistes de son siècle en sont également convaincus : c’est en humant l’air que des maux de tout genre se propagent. Ce rapprochement hâtif se retrouve dans la langue même, où « pestilence » a longtemps signifié tout à la fois une mauvaise odeur et une épidémie, soit le mal et sa cause supposée.
Retracer l’histoire de nos environnements olfactifs, comme l’ont fait les chercheurs Alain Corbin et Annick Le Guérer, revient alors à évoquer une grande chasse aux mauvaises odeurs que l’historien résume ainsi : « cette mystérieuse et inquiétante désodorisation qui fait de nous des êtres intolérants à tout ce qui vient rompre le silence olfactif de notre environnement. »
Quelle odeur voudriez-vous connaître ? Quel parfum vous manque le plus ? Questionner les anosmiques, c’est se rappeler à quel point les odeurs sont liées à l’intime et combien elles nous accompagnent au quotidien. C’est aussi mesurer ce que représente une vie « en noir et blanc » quand on a connu toutes les couleurs, pour reprendre une image qui revient fréquemment dans les propos de ceux qui ont perdu l’odorat, et des deux associations françaises d’anosmiques qui existent à ce jour.
RFI/Gabrielle Maréchaux
Lien vers l’article sur le site de RFI
Merci beaucoup Gabrielle,
Amicalement,
Jean-Michel Maillard
Bonsoir à tous,
Suite à quelques échanges depuis quelques semaines avec le docteur Duc Trung Nguyen, chirurgien ORL au CHRU de Nancy et référent médical de notre association, une enquête est lancée par le CHRU de Nancy au sujet de la qualité de vie.
Le docteur Trung Nguyen m’a indiqué que le questionnaire resterait ouvert au moins 3 mois, l’objectif est de récupérer un maximum de réponse, alors à vous de jouer.
Vous trouverez ci-dessous sa présentation :
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Madame, Monsieur,
Dans le cadre d’une nouvelle étude sur les troubles olfactifs, coordonnée par notre équipe d’ORL du CHU de Nancy, je vous invite à remplir ce questionnaire de qualité de vie. Cette enquête est réalisée en collaboration avec mon interne, médecin junior, Mme Tholin Lucie.
CLIQUEZ-ICI pour participer à l’enquête
Il est possible, pour ceux qui le souhaiteraient, d’expédier cette enquête par mail. Il vous suffit de télécharger le document au cliquant ici puis ensuite de le renvoyer par mail à une des adresses suivantes : (merci de choisir un des 2 modes de réponse, soit en ligne soit par mail).
Soyons acteur de la recherche…
Jean-Michel MAILLARD
Président de l’association
Bonjour à tous,
L’aventure de notre association se poursuit, activement, sur toute la France et je souhaitais aujourd’hui vous informer d’un évènement important. Une page spécifique sera créée sur le site de notre association et sera dédiée à la Belgique, nos amis frontaliers auront donc l’occasion de se retrouver, de communiquer et de partager cette aventure entre eux mais aussi avec nous 😉
La situation de l’anosmie en Belgique est similaire à celle en France. Cette publication montre une fois de plus que l’association ne faiblit pas devant cette immense tâche de faire connaître et reconnaître le handicap de l’anosmie mais aussi d’expliquer l’importance de l’odorat dans chacune de nos vies.
Cette initiative à pu voir le jour grâce à l’impulsion de Laurent Hosch, membre de l’association, anosmique et créateur du groupe Facebook ‘Anosmie Belgique‘ qui souhaitait donner du temps et rejoindre une aventure qui donne du sens à nos vies.
Après de nombreux échanges téléphoniques, j’ai proposé à Laurent de mettre les moyens techniques de l’association à sa disposition en créant une page ainsi qu’un forum dédiés à la Belgique.
Vous trouverez donc, amis Belges, sur la droite du site un menu spécifique pour accéder aux informations concernant votre pays.

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Ces informations seront alimentées par Laurent ou par moi-même.
Aussi, la section forum se voit dotée à partir d’aujourd’hui d’un nouveau groupe : ‘Anosmie Belgique’

Je me suis retrouvé seul avec mes problèmes, ce lourd fardeau qu’est l’anosmie que très peu de personnes connaît et/ou comprend.
Durant ces années de questionnements et de recherches, j’ai donc découvert l’existence de groupes sur les réseaux sociaux, et j’ai découvert l’association anosmie.org.
“L’union fait la force”, n’est-ce pas la devise de notre pays ? 😉 Je ne fais aucune allusion à la politique 🙂
Un pas de plus pour faire connaître et reconnaître l’anosmie et ses conséquences !

Bonjour à tous,
J’espère que vous allez pour le mieux !
Nous avons reçu beaucoup de questions depuis quelques semaines au sujet des troubles du système olfacto-gustatif, perte de l’odorat (anosmie), perte du goût (agueusie). Ces troubles peuvent avoir plusieurs origines comme par exemple ce coronavirus dont nous entendons beaucoup parler depuis quelques semaines (pandémie Covid-19).
Les 3 objectifs de cet article sont les suivants :
- Fournir quelques informations sur le fonctionnement de notre goût et de notre odorat
- Transmettre quelques exercices individuels pour découvrir et identifier les différentes fonctions
- Permettre à chacun de réaliser son propre diagnostic du goût et de l’odorat et ainsi de détecter d’éventuels dysfonctionnements
Le goût et l’odorat sont des sens intimement liés, ils fonctionnent de manière complémentaire pour fournir la puissance des sensations lorsque vous sentez un parfum, dégustez une glace ou encore une madeleine… de Proust 😉
Mais avant toute chose, quelques explications importantes :
- La détection des odeurs (ex : clémentine, rose, girofle) se fait dans le nez par la muqueuse olfactive (en orange sur le dessin ci-dessous). Les informations sont ensuite remontées au cerveau par une structure appelée ‘bulbe olfactif’ (en jaune sur le dessin ci-dessous). Cette détection peut se faire par 2 voies différentes :
-
- la voie rétronasale = circulation de l’air depuis l’arrière du palais vers le nez à l’intérieur de la bouche
- la voie orthonasale = circulation de l’air directement par le nez
-
- La détection des saveurs (le sucré, le salé, l’acide, l’amer et l’umami) se fait sur la langue, par l’intermédiaire des petits points que vous pouvez apercevoir sur votre langue en la tirant face à un miroir. Ces points sont les papilles gustatives. Elles sont constituées de structures microscopiques, les bourgeons du goût qui permettent de traiter les informations et de les envoyer au cerveau.
- L’anosmie est la perte totale de l’odorat par une lésion de la muqueuse olfactive ou par l’absence de bulbe olfactif (anosmie congénitale)
- L’agueusie est la perte totale du goût par une lésion des bourgeons gustatifs
- L’anosmie n’entraîne pas l’agueusie mais impacte très sérieusement le goût
- L’odorat participe à hauteur de 80% à la construction du goût par l’olfaction retronasale
- Exemple lorsque vous avez le nez bouché la qualité du goût diminue mais les saveurs restent présentes
Ce système olfacto-gustatif est composé de 3 sens chimiques :
- La muqueuse olfactive (en orange) et le bulbe olfactif (en jaune) – Figure 1
- Détection des odeurs (ex : cacao, café, vanille, etc..)
- Les papilles gustatives présentes sur la langue – Figure 2
- Détection des saveurs : sucré, salé, acide, amer, umami
- Le système trigéminal ou nerf trijumeau (en jaune) – Figure 3
- Détection des sensations (ex : chaud, froid, irritant, piquant)
Un test permettant de solliciter chacun de ces 3 sens ‘chimiques’ vous sera proposé ci-dessous
Tests n°1 – Dégustation de l’eau
Sollicitation du bulbe olfactif et des papilles gustatives
Conditions du test
- Possibilité de réaliser ce test seul mais idéalement à 2 personnes pour faciliter la dégustation à l’aveugle
- La concentration est importante pour être à l’écoute de ses sensations
- Il s’agit bien de ‘déguster’ (le mot est important) les aliments, il est important de prendre son temps
Matériel nécessaire
- De l’eau aromatisée à la fraise (incolore)
- De l’eau aromatisée au pamplemousse (incolore)
- De l’eau aromatisée au citron (incolore)
- De l’eau minérale naturelle, dans laquelle vous aurez ajouté et dilué du sel fin
- 4 petits verres identiques (il est important qu’ils soient en verre pour ne pas perturber le test)
- Un bandeau pour se masquer la vue (facultatif, vous pouvez fermer les yeux !)
Protocole du test
- Identifier vos 4 petits verres
- Marque discrète si possible, invisible depuis l’intérieur
- Remplir vos 4 petits verres avec les 4 eaux énumérées ci-dessus
- Les remplir au même niveau chacun pour ne pas pouvoir les reconnaître facilement
- Mélanger la position des 4 petits verres
- Pour ne pas savoir quelle eau se trouve dans quel verre
- Dégustez l’eau de chaque verre en tentant de les reconnaître
- Prendre connaissance du contenu, après avoir goûté les 4 verres
Interprétation des résultats
Rappel : lors de ce test, nous souhaitons solliciter 2 composantes : le bulbe olfactif et les papilles gustatives
- Si je détecte le sucré (fraise), l’acidité (citron), le salé (sel) ou bien l’amertume (pamplemousse) ce sont les papilles gustatives qui fonctionnent, reçoivent ces informations et les transmettent à mon cerveau
- Si je détecte les odeurs de la fraise, du citron ou bien du pamplemousse c’est que le bulbe olfactif fonctionne, reçoit ces informations et les transmet à mon cerveau.
L’opération peut être répétée à intervalle régulier et les résultats pourront être notés pour permettre de suivre l’évolution en cas de rééducation suite à un trouble de l’olfaction.
‘Mais sans amour, c’est comme si le monde n’existait pas, non? dit-elle. Sans amour, le monde n’est qu’un souffle de vent qui passe devant tes fenêtres. Ne pas pouvoir toucher la main de quelqu’un, c’est comme être privé d’odorat.’ (Haruki Murakami, écrivain japonais)
Tests n°2 – le carré de chocolat
Sollicitation des papilles gustatives et du bulbe olfactif
Conditions du test
- Possibilité de réaliser ce test seul
- La concentration est importante pour être à l’écoute de ses sensations
- Il s’agit bien de ‘déguster’ (le mot est important) ce carré de chocolat, il est important de prendre son temps
Matériel nécessaire
- Un ou plusieurs carrés de chocolat (72% de cacao minimum)
Protocole du test
- Pincez votre nez (comme à la piscine) pour atténuer l’odorat
- Mettez le carré de chocolat dans votre bouche (toujours avec le nez pincé)
- Mastiquez le chocolat jusqu’à ce qu’il soit totalement liquide dans votre bouche (toujours avec le nez pincé)
A ce moment du test vous devez avoir la sensation du sucré
- Ensuite, ‘libérez’ votre nez pour récupérer l’odorat par la voie retronasale
A ce moment du test vous devez récupérer l’odeur du ‘cacao’
Interprétation des résultats
Rappel : lors de ce test, nous souhaitons solliciter 2 composantes : le bulbe olfactif et les papilles gustatives
- Si je détecte le sucré lors de la mastication du carré de chocolat ce sont les papilles gustatives qui fonctionnent, reçoivent ces informations et les transmettent à mon cerveau.
- Si je détecte l’odeur du cacao c’est que le bulbe olfactif fonctionne, reçoit ces informations et les transmet à mon cerveau.
L’opération peut être répétée à intervalle régulier et les résultats pourront être notés pour permettre de suivre l’évolution en cas de rééducation suite à un trouble de l’olfaction.
‘L’odorat, le mystérieux aide-mémoire, venait de faire revivre en lui tout un monde.’ (Victor Hugo, artiste, écrivain, poète, romancier)
Tests n°3 – Le trijumeau
Sollicitation du système trigéminal (nerf trijumeau) et du bulbe olfactif
Conditions du test
- Possibilité de réaliser ce test seul
- La concentration est importante pour être à l’écoute de ses sensations
- Il s’agit bien de ‘déguster’ (le mot est important) les odeurs ou les aliments, il est important de prendre son temps
Matériel nécessaire
- De l’huile essentielle de menthe poivrée
- Un flacon d’environ 100 ml d’eau avec son bouchon
- De l’eau gazeuse non aromatisée
- Du piment en poudre ou de la moutarde
Protocole du test
- Ouvrez votre flacon, dosez 20 gouttes d’huile essentielle et 50ml d’eau
- Nous aurons donc un mélange dosé à 2% d’huile essentielle
- Renifler votre flacon en le positionnant à 2-3 cm de votre nez
A ce moment du test vous devez sentir l’odeur de la menthe mais aussi ressentir le piquant dans votre nez
- Servez-vous un verre d’eau gazeuse et conservez en bouche le liquide quelques instants
A ce moment du test vous devez ressentir le pétillant du liquide en bouche
- Dégustez quelques grains de poudre de piment ou un peu de moutarde
A ce moment du test vous devez ressentir le piquant des épices ou de la moutarde sur votre langue
Interprétation des résultats
Rappel : lors de ce test, nous souhaitons solliciter 2 composantes : le trijumeau et le bulbe olfactif
Si je détecte l’odeur de la menthe, c’est que le bulbe olfactif fonctionne, reçoit ces informations et les transmet à mon cerveau.
- Si je détecte le piquant de la menthe dans le nez, c’est que le système trigéminal (nerf trijumeau) fonctionne, reçoit ces informations et les transmet à mon cerveau.
- Si je détecte le piquant de la moutarde ou du piment sur la langue c’est que les nerf lingual, qui est un nerf sensitif du système trigéminal fonctionne, reçoit les informations et les transmet à mon cerveau.
L’opération peut être répétée à intervalle régulier et les résultats pourront être notés pour permettre de suivre l’évolution en cas de rééducation suite à un trouble de l’olfaction.
‘On vit tous les jours dans l’attente de ce que l’on mangera le soir, l’appétit s’aiguise, le palais et l’odorat s’excitent, on est heureux d’avoir faim.’ (Stéphane Méliade, poète, nouvelliste et auteur français de romans pour la jeunesse)
Informations complémentaires
Pour ceux qui voudraient aller encore un peu plus loin, je vous recommande l’intervention de Hirac Gurden (directeur de recherche en neurosciences au CNRS) intitulée « De l’importance de l’odorat : la recette cérébrale de la Madeleine de Proust » extraite de la conférence organisée par le centre Georges Pompidou ‘Odorama pour une culture ollfactive’.
Introduction :
L’odorat a toujours eu mauvaise réputation : on l’accuse d’être un sens inférieur, animal, primitif, instinctif, refoulé, superflu, sous-développé, subjectif, inapte à l’abstraction…
Pourtant, les odeurs, tour à tour sacrées, thérapeutiques, esthétiques, jouent un rôle à part dans l’histoire de l’homme. S’il a été avant tout conçu pour la détection du danger et la survie, notre odorat est, plus que tout autre sens, intimement connecté à nos émotions et à notre mémoire. Ces liens privilégiés, combinés au cerveau perfectionné que l’homme a développé au fil de l’évolution, en font un outil unique d’introspection, de connaissance de soi et du monde, et la base d’une culture émergente qui nous mènera enfin par le bout du nez…
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Avec : Clara Muller, Dominique Brunel, Mathieu Chévara, Aurélien Guichard, Hirac Gurden, Delphine De Swardt, Boris Raux, Julie C. Fortier
⇒ L’intervention de Hirac Gurden (cliquez ici)
⇒ La conférence dans son intégralité (cliquez ici)
Vous pouvez télécharger ces 3 tests au format *pdf en cliquant ici – © Copyright association anosmie.org
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Sources et contributions à la rédaction de ce document
Hirac GURDEN – Directeur de recherche CNRS – Paris
Robert CHHUOR – Chirurgien orl – groupe ORL Atlantique – Nantes
Jean-Michel MAILLARD – Anosmique traumatique et président fondateur de l’association ‘anosmie.org’ – Normandie
Odorama pour une culture olfactive : www.dailymotion.com
Illustrations : www.wikipedia.org / www.sommelier-vins.com / www.newyorkinjurycasesblog.com
Protocole de rééducation olfactive association : www.anosmie.org
* Certains aspects ou origines de l’anosmie et de l’agueusie ne sont pas évoqués dans ce document (maladies neuro-dégénératives, atteinte du système nerveux central, syndrome Kallmann de Morsier, etc..) pour faciliter la compréhension du plus grand nombre.
Amicalement,
Jean-Michel Maillard
Président de l’association ‘anosmie.org‘
Je m’appelle Benjamin Delecour j’ai 19 ans et suis étudiant en deuxième année de droit. Voilà pour les présentations. J’ai déjà raconté mon histoire de nombreuses fois à l’oral mais la coucher sur le papier (ou la page internet) est un exercice bien différent.
Pour commencer, comme indiquer dans le titre de ce sujet je suis nez sans odorat, mes bulbes olfactifs n’étant pas formé. Je n’ai donc jamais « perdu » l’odorat mais n’ai plutôt jamais eu la chance de le connaitre. Je me suis rendu compte de mon anosmie vers 9-10 ans. Je me souviens être descendu à la cuisine où tout le monde s’enthousiasmait de l’odeur que dégageait le plat en train de cuire et d’avoir déclaré simplement « je crois que je ne sens pas les odeurs ».
L’incompréhension tout d’abord (peut être cumulé avec le doute sur la véracité de mes propos) de mes parents a retardé ma visite chez un ORL de plusieurs longs mois durant lesquels j’essayais de comprendre comment cela se faisait que je ne pouvais pas sentir les odeurs. Quand enfin j’ai pu voir un ORL le choc fut dur. Non content de ne pas être vraiment cru de mes parents, ce médecin spécialiste ne me croyait pas non plus !
J’ai eu le droit à plusieurs tests assez dur mentalement (on m’a mis sans me demander vraiment mon avis un coton tige imbibé d’éther dans le nez) pour vérifier que je ne mentais pas et que j’étais bien privé d’odorat. La situation enfin constatée, l’on m’a proposé d’aller plus loin, pour découvrir d’où pouvait venir cette anosmie en allant voir un autre ORL à Lille. A ce moment là, mon ancien ORL m’avait laissé miroité l’espoir que je pourrais avoir l’odorat et enfin être « comme tout le monde » en accédant enfin à ce monde qui m’avait été refusé à ma naissance voilà déjà 11 ans.
L’année suivante (à mes 12 ans donc) je passe enfin un IRM et le constat est sans appel, mes bulbes olfactifs ne sont pas formés je n’aurais donc jamais la possibilité de sentir les odeurs. La désillusion fut alors très grande à un moment de la vie où on se confronte vraiment pour la première fois au regard des autres (l’entrée au collège) et où la moindre différence est stigmatisée.
J’ai mis ensuite plusieurs années à accepter ma condition et à l’assumer. Ce n’est qu’en terminale qu’à l’aide de ma petite amie qu’enfin j’ai décidé d’arrêter de me morfondre et de l’accepter. J’ai alors été confronté à une autre difficulté. Comment parler aux autres de quelques chose qu’ils ne connaissent pas voire dont ils n’imaginent même pas l’existence quand l’on ne peut même pas leur faire tester ce que l’on peut vivre (puisque ceux n’ayant pas perdu l’odorat baignent en permanence dans les odeurs.)
Depuis lors j’ai décidé de me donner à fond pour faire reconnaitre la cause de l’anosmie en France d’en parler aux gens afin qu’ils connaissent mieux cette maladie si invisible dans la société française;
Benjamin
Bonjour à tous,
Comme nous l’avions évoqué il y a quelques semaines, des enquêtes publiques seront mises en place et l’association y participera activement pour aider le corps médical et être acteur de la recherche.
Après quelques échanges avec le Professeur Sven Saussez (Université de Mons) et le chirurgien orl Jérôme Lechien (Hôpital Foch – Paris), ces derniers nous demandent de diffuser et de répondre massivement à cette enquête publique européenne pour tenter d’expliquer les mécanismes de cette anosmie.
Ce questionnaire d’une durée approximative d’une quinzaine de minutes basé sur le volontariat s’adresse à :
– Tous les patients diagnostiqués Covid-19 + par un test PCR (qui ne sont pas en soins intensifs). Si un patient a déjà répondu à l’enquête via un médecin de son hôpital, il ne doit plus remplir cette enquête générale
– Tous les patients isolés à la maison par le Médecin traitant ou le médecin spécialiste sur base des symptômes (sans test PCR)
– Tous les patients anosmiques mais avec ce symptôme depuis seulement le 1er mars 2020 (et pas les patients souffrant de sinusite chronique ou opérés des sinus ou avec anosmie avant le 1er mars 2020)
Par ailleurs, toutes les personnes souffrant encore d’anosmie au moment de remplir le questionnaire et désirant faire avancer la connaissance de la maladie peuvent intégrer de manière volontaire une étude clinique consacrée à l’anosmie et COVID-19. Pour ce faire, elles peuvent envoyer un mail à l’adresse covid19.rechercheclinique@umons.ac.be en indiquant nom, prénom, numéro de tél, groupe sanguin et la localité. Nous serons alors à même de trouver un hôpital partenaire qui pourra tester leur odorat et leur donner les conseils et recommandations nécessaires.
Je compte sur VOUS, ces occasions d’accompagner le corps médical
ainsi que nos chercheurs sont trop rares pour ne pas les saisir fermement 😉
Sources : https://web.umons.ac.be/fr/covid-19-lumons-lance-une-etude-sur-la-perte-dodorat-et-de-gout/
Jean-Michel Maillard
Président de l’association ‘anosmie.org’
Bonjour à tous,
Encore une semaine bien chargée à échanger avec tous ceux qui découvrent la perte de leur odorat (anosmie) ou leur dysgueusie aigüe (trouble du goût) en liaison avec ce Covid-19 (COronaVIrus-Disease-2019) (Disease = maladie en anglais). Plusieurs informations du corps médical et des sites spécialisés sont diffusés depuis quelques jours et sur lesquelles nous souhaitons communiquer pour les transmettre au plus grand nombre en ‘insistant’ sur les troubles de l’olfaction.
En cas de troubles de l’odorat, il est important de consulter votre ORL ou votre médecin généraliste
« Les patients présentant une anosmie brutale doivent être considérés comme a priori positifs pour COVID-19 » (AFR-SFORL)
Avant tout, un peu de culture sur cette famille de coronavirus ainsi que ses (malheureux) états de service :
Sources : inserm.fr / pasteur.fr / AFR / SFORL
Les coronavirus constituent une famille de virus dont certains peuvent infecter les humains, entraînant le plus souvent des symptômes bénins de type rhume. Néanmoins, trois épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, dont celle en cours. Elles impliquent des coronavirus émergents, hébergés par des animaux et soudain transmis à l’homme : les SRAS-CoV et le MERS-CoV.
Alors que l’épidémie liée au coronavirus SARS-CoV2 se propage dans le monde, la recherche se mobilise pour accélérer la production des connaissances sur ce virus, sur la maladie qu’elle provoque (Covid-19) ainsi que les moyens de la guérir et de la prévenir.
Les coronavirus sont une immense famille de virus généralement bénins pour les humains
3 coronavirus ces 20 dernières années :
- Année 2002 : SRAS-CoV (syndrome respiratoire aigu sévère) apparu en novembre 2002 dans la province du Guangdong, en Chine
- Pas de cas de perte d’odorat remontée
- Année 2012 : MERS-CoV2 (Coronavirus du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient) identifié pour la première fois en Arabie Saoudite en avril 2012
- Pas de cas de perte d’odorat remontée
- Année 2019 : SRAS-CoV-2 (syndrome respiratoire aigu sévère 2) les autorités chinoises ont informé l’Organisation Mondiale de la Santé de cas groupés de pneumonies d’étiologie inconnue.
- Les patients présentant une anosmie brutale doivent être considérés comme a priori positifs pour COVID-19.
Une anosmie brutale peut être le symptôme initial du Covid-19
Sources : SFORL (Société Française ORL) / AFR (Association Française de Rhinologie)
Une proportion significative des patients COVID-19 (20-60%) semble présenter une anosmie aiguë sans obstruction nasale ou une dysgueusie. L’anosmie peut être le symptôme initial et apparaître avant les autres symptômes tels que la toux et la fièvre. Les patients présentant une anosmie brutale doivent être considérés comme a priori positifs pour COVID-19.
Traitement / prise en charge / précautions
Sources : SFORL (Société Française ORL) / AFR (Association Française de Rhinologie)
La prise en charge de ces anosmies a fait l’objet d’une recommandation de la SFORL (Société Française ORL) en date du 20 mars 2020 (https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/03/Alerte-anosmie-COVID-19.pdf). En l’absence de preuve d’efficacité, il est conseillé de ne pas prescrire de traitement et en particulier de corticothérapie par voie générale ou locale devant tout tableau clinique comportant une anosmie aiguë sans obstruction nasale.
Chez les patients infectés par le coronavirus, les fosses nasales constituent une zone « réservoir » avec une forte concentration virale. Les soins par sprays et par lavages de nez comportent donc un risque théorique de dissémination à l’entourage.
L’aspect contagieux étant assez clairement établi, il semble conseiller à toute personne ayant une perte brutale de l’odorat ou de goût de s’isoler et se confiner par précaution.
Le printemps arrive…les allergies avec, qu’en est-il des traitements antihistaminiques ?
Sources : SFORL (Société Française ORL) / AFOP (Association Française d’ORL pédiatrique)
Les prescriptions d’antihistaminiques pour les allergies habituelles sont à poursuivre mais devront être administrées par la bouche (comprimé) pour éviter les mêmes effets que les lavages de nez (risque, à priori de disséminer la charge virale dans la gorge, les poumons mais aussi à son entourage).
Quelles évolutions ?
Sources : SFORL (Société Française ORL)
« Selon les données préliminaires dont nous disposons, l’évolution naturelle des anosmies aiguës liées au COVID-19 semble souvent favorable. »
En cas d’anosmie / dysgueusie toujours présente après la période de quarantaine (15 jours), il est important de consulter un ORL (pensez à la téléconsultation, certains spécialistes proposent cette facilité compte tenu de la période de confinement).
Durée d’incubation et de contagiosité, durée de vie du virus
Sources : SFORL (Société Française ORL) / AFOP (Association Française d’ORL pédiatrique)
- Virus viable jusqu’à plusieurs jours sur certaines surfaces (plastique 72h et inox 48h)
- Durée moyenne d’incubation : 4 jours avec une durée maximale de 12 à 14 jours.
- Durée de contagiosité chez l’adulte : elle peut varier de 6 à 12 jours
- Il est habituel de mettre les sujets atteints en quarantaine pendant 15 jours
Rééducation olfactive, 1ère méthode
Sources : SFORL (Société Française ORL)
Dans sa recommandation du 20 mars 2020, la SFORL (Société Française ORL) indique que des exercices de rééducation peuvent être réalisés (https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/03/Alerte-anosmie-COVID-19.pdf). Il est indiqué de lire le nom du produit avant de le sentir pour donner le temps au système sensoriel d’associer les 2 informations.
Les odeurs proposées sont les suivantes :
- Vanille
- Café
- Aneth
- Thym
- Canelle
- Clou de girofle
- Lavande
- Coriandre
- Vinaigre léger
- Menthe
- Cumin
Rééducation olfactive, 2ème méthode
Sources : Association ‘www.anosmie.org’ / Thomas Hummel / Hirac Gurden
Pour ceux qui souhaiteront réaliser un entrainement plus abouti, l’association a publié en octobre dernier un protocole de rééducation olfactive en partenariat avec Hirac Gurden (directeur de recherche au CNRS) et est basé sur les travaux de recherche et avec l’accord des équipes de Thomas Hummel (Dresde / Allemagne). Ce protocole est disponible gratuitement en consultation et téléchargement en suivant le lien suivant – protocole de rééducation olfactive. Il est important de noter que ce protocole, publié en septembre 2019 n’a pas été mis au point pour traiter le Covid-19 mais permettra un entrainement très complet.
Si vous souhaitez recevoir (gratuitement) le protocole par voie postale, merci de nous transmettre vos coordonnées par mail (contact@anosmie.org) ou par sms (06-48-13-20-14), il vous sera envoyé dans les plus brefs délais.
Par ailleurs, cette malheureuse séquence négative du Covid-19 permettra tout de même les avancées suivantes :
- Le mot anosmie sort de l’ombre… et c’est une excellente chose
- L’odorat reprend petit à petit la place qu’il devrait avoir à côté des autres sens
- La privation de l’odorat, même durant quelques jours permet une sensibilisation au fait que la perte de l’odorat est possible
- La recherche engagée pour lutter contre ce Covid-19 permettra sans doute d’améliorer la compréhension de l’anosmie virale et permettra, qui sait, de la guérir (on peut rêver, on doit rêver…)
Restez chez vous, ne prenez pas le risque de perdre l’odorat
En cas de troubles de l’odorat
il est important de consulter votre ORL ou votre médecin généraliste
Pensez à la téléconsultation 😉
Amicalement,
Jean-Michel Maillard
Président de l’association ‘anosmie.org’
Bonjour à tous,
J’espère que vous allez pour le mieux !
Beaucoup de messages nous arrivent depuis quelques jours au sujet de ce Covid19 qui a décidé de s’en prendre à ce bien précieux qu’est l’odorat, votre odorat, ce sens magique oublié que l’on découvre souvent lorsqu’on le perd. Cette anosmie est un symptôme de ce Covid19 et c’est inédit, elle est aussi une séquelle puisqu’elle pourra vous priver de votre odorat.
En cas de troubles de l’odorat, il est important de consulter votre ORL ou votre médecin généraliste
Vous trouverez ci-dessous 5 informations importantes connues à la date de parution de cet article (les sources de ces informations médicales sont indiquées ci-dessous :
Info n°1 : Pas de traitement à base de corticoïdes
Source : Conseil national professionnel des ORL
– Ce Covid-19 ne permet pas de prescription à base de cortisone qui est pourtant le traitement habituel en cas d’anosmie (perte de l’odorat). Concrètement, la cortisone, comme d’autres anti-inflammatoires (ibuprofène…) pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection puisqu’elle diminuerait les défenses immunitaires.
Info n°2 : Pas de lavage du nez
Source : Conseil national professionnel des ORL
– Ce Covid-19 semble ôter l’odorat de jeunes sujets (moins de 45 ans) sans qu’aucun encombrement nasal soit constaté, sans même que votre nez ‘coule’. Ce virus s’installe dans votre muqueuse olfactive qui contient plusieurs millions de neurones olfactifs et vous prive d’odorat. Le lavage du nez est déconseillé pour une raison très simple, il risquerait d’envoyer la charge virale (le virus) dans les poumons et provoquer ainsi une augmentation de la contamination.
Info n°3 : Sollicitez votre odorat
Sources : Pierre Bonfils – Professeur hôpital Georges Pompidou, Hirac Gurden – Directeur de recherche CNRS Paris
– Il est important de savoir que l’organe de l’odorat possède des neurones olfactifs (environ 5 millions) qui transforment le message chimique des produits odorants en un message nerveux compréhensible par le cerveau. Ces neurones se renouvellent lorsque l’on sollicite son odorat ! Si vous ne sollicitez pas votre odorat, il deviendra paresseux alors… au travail ! Être nez n’est pas inné 😉
Info n°4 : Au travail… mais comment ?
Sollicitez son odorat peut se faire en reniflant toutes les odeurs de la vie quotidienne (citron, menthe, rose, café, vanille, girofle, etc..)
Dans son article du 20 mars, ce médecin indique qu’il est recommandé de lire le nom du produit avant de le sentir pour donner le temps au système sensoriel d’associer les deux informations. Source : Marc Gozlan – Médecin de formation, journaliste médico-scientifique. Cette méthode de rééducation est étrange tant le cerveau à cette capacité de vous induire en erreur, il semble important de se concentrer sur son odorat et rien d’autre (surtout pas la vue) au risque de troubler l’information reçue ou de provoquer chez les patients, ce que l’on appelle la phantosmie .
Pour ceux qui souhaiteront réaliser un entrainement plus abouti, l’association a publié en octobre dernier un protocole de rééducation olfactive en partenariat avec Hirac Gurden (directeur de recherche au CNRS) et est basé sur les travaux de recherche des équipes de Thomas Hummel (Dresde / Allemagne). Ce protocole est disponible gratuitement en consultation et téléchargement en suivant le lien suivant – protocole de rééducation olfactive. Il est important de noter que ce protocole, publié en octobre 2019 n’a pas été mis au point pour traiter le Covid-19. Source : Thomas Hummel et Hirac Gurden
Si vous souhaitez recevoir (toujours gratuitement) le protocole par voie postale, merci de nous transmettre vos coordonnées par mail (contact@anosmie.org) ou par sms (06-48-13-20-14), il vous sera envoyé dans les plus brefs délais.
Info n°5 : Croyez en vous, le corps humain recèle de capacités incroyables !
Il s’agit là de mon dernier conseil mais ce n’est pas le moins important. Il est important de mettre votre corps et votre esprit en position de progrès, d’avancée. Croyez en vous, en vos capacités et battez-vous, dans l’optimisme et la bonne humeur. C’est un anosmique traumatique sans rémission possible qui vous parle.
Par ailleurs, cette malheureuse séquence négative du Covid-19 permettra tout de même les avancées suivantes :
- Le mot anosmie sort de l’ombre… et c’est une excellente chose
- L’odorat reprend petit à petit la place qu’il devrait avoir à côté des autres sens
- La privation de l’odorat, même durant quelques jours permet une sensibilisation au fait que la perte de l’odorat est possible
- La recherche engagée pour lutter contre ce Covid-19 permettra sans doute d’améliorer la compréhension de l’anosmie virale et permettra, qui sait, de la guérir (on peut rêver, on doit rêver…)
Restez chez vous, ne prenez pas le risque de perdre l’odorat
Dernier point… il vous faut garder le moral, c’est important ! Je vous souhaite à tous de retrouver ce sens précieux au plus vite, recevez toutes mes forces et restez positifs ! Je compte sur vous 😉
En cas de troubles de l’odorat, il est important de consulter votre ORL ou votre médecin généraliste
PS : je n’ai pas d’information précise sur la perte du goût (agueusie) mais un mail d’un homme ce matin me signal une perte de sensibilité de sa langue (sucré, salé, acide, amer, umami), à suivre. Je vais entamer quelques recherches et envoyer quelques mails aux spécialistes médicaux.
Amicalement,
Jean-Michel Maillard
Président de l’association ‘anosmie.org’











